Des pénalités pour les absents : qu’en pensent les restaurateurs de l’Estrie?
Une réservation non honorée au restaurant pourrait bientôt vous coûter des sous. Les restaurateurs pourront, dès le 17 juillet, imposer une pénalité maximale de 10 $ par tête en cas de no show. Toutefois, si une seule personne d’un groupe se présente au restaurant, la pénalité ne pourra pas être appliquée. L’opinion des restaurateurs de la région est divisée à ce sujet. Voici ce qu’ils en pensent. Au pub Moulin 7, à Val-des-Sources, la copropriétaire Andréanne Ladouceur indique ne pas faire face au problème des no shows. Elle croit que c'est en partie parce qu'elle prend les réservations au téléphone, et non à l'aide d'un système en ligne. La situation est semblable chez Madame B, sur la rue Wellington, à Sherbrooke. Peu de gens n’honorent pas leurs réservations depuis l'ouverture du restaurant, l’an dernier. Le propriétaire André Plante ne compte même pas demander de pénalités de 10 $, même s’il pourra bientôt le faire. Le propriétaire du resto-bar Chez Stanley de Sherbrooke, Luc Laplante, se dit déçu. À son avis, les groupes incomplets devraient aussi être pénalisés. Yannick Côté est le copropriétaire du restaurant Les Mal-Aimés, à Cookshire-Eaton. Lui non plus n’est pas touché par les no shows, mais il avait déjà implanté des mesures dissuasives pour les éviter. Lorsque les clients réservaient une plage horaire, les informations de leur carte de crédit étaient notées, et une notification leur était envoyée, précisant qu’un montant de 50 $ y serait prélevé en cas d’absence. Si cette démarche est illégale, Yannick Côté soutient n’avoir jamais réclamé d’argent à ses clients. L'objectif était surtout de marquer les esprits. Il soutient qu'il a de « bons clients » qui comprennent la réalité de son petit restaurant de 20 places, ouvert seulement quelques mois par année. À l’Association Restauration Québec (ARQ), qui faisait des réservations fantômes son cheval de bataille, on se réjouit que le gouvernement légifère à ce sujet. Selon la directrice des Affaires publiques et gouvernementales de l’ARQ, Dominique Tremblay, la nouvelle loi permettra de changer les mauvais comportements des consommateurs, qui sont nombreux à ne pas prévenir les restaurateurs lorsqu'un imprévu survient. Elle estime que chaque établissement perd en moyenne 49 000 $ par année en raison de ces comportements. L’organisation aurait toutefois souhaité que Québec aille plus loin et que les frais imposés soient de 20 $ par personne.Pas de réservations fantômes
Ce qu’on croit, c'est que ce contact avec le client, du fait qu’il nous appelle, crée un engagement supplémentaire pour les gens. Les no shows ont été très peu présents ces dernières années. On s'en est quand même bien sorti
, précise-t-elle.Ça ne changera pas grand-chose
Il y a trois semaines, on avait une réservation de 40 personnes et 25 se sont présentées. Le 10 $, il ne change rien. C’est sûr qu’au moins cinq personnes ou 10 personnes du groupe vont se présenter.
Des mesures dissuasives
On ose croire que les gens qui viennent chez nous savent qu’on n'a pas beaucoup de places, donc si on avait des no shows, ça nous ferait très très mal
, ajoute-t-il.Le cheval de bataille
Ça peut paraître beaucoup, mais pensez-y. On fait entrer du personnel supplémentaire, on commande de la nourriture en fonction des groupes qu’on va avoir. Ça amène des contraintes que les gens ne voient pas nécessairement
, soutient Dominique Tremblay.
Advertising by Adpathway






